Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 09:03

Quelques secondes plus tard, Lise atterrissait en silence dans le grenier poussiéreux de la vielle ferme de sa grand-mère. Elle frissonna. On était bien loin des dix huit degrés Celsius de Rome et la neige qui filtrait une lumière blanchâtre par les fenêtres rappelait que l'on était proche de Noël.

Lise s'approcha du fenestron. Placée où elle était, personne ne pouvait la voir, mais elle, pouvait guetter les mouvements dans la cour. Des traces étaient imprégnées dans le manteau neigeux. Une voiture de gros gabarit y avait probablement tourné récemment. Montargis était déjà là !

Il faudrait que Lise se montre très prudente. Le personnage était assez dangereux pour s'en prendre à la petite vieille sans hésiter une seconde. Lise se sentir bouillir rien qu'à cette pensée. La rage au ventre, elle ne voulait tout de même pas se laisser emballer par la colère qui lui embrumerait les esprits et la pousserait à la faute. Elle devait rester lucide et déterminée. Avant tout, il fallait les localiser, mettre Mémé et la tante Yvonne en sûreté et s'occuper ensuite de Montargis pour qu'il ne puisse plus recommencer. Lise sortit son pendentif et remonta la fermeture éclaire de son blouson. Elle tourna le petit disque et pressa sur celui-ci, aussitôt la lumière bleue l'enveloppa telle une combinaison d'invisibilité.

- Voilà, comme ça déjà, je passerai un peu plus inaperçu. Pensa-t-elle.

Elle ouvrit délicatement la trappe et descendit les escaliers. Le couloir était sombre et Lise devait y aller à tâtons pour se diriger. La première chose qui lui parut inhabituelle fut les voix. Une grosse voix d'homme qu'elle reconnut aussitôt la fit frissonner. C'était celle de Julio

tout juste suivi de celle plus aiguë de Montargis. Ils étaient là, dans la cuisine, à interroger Mémé et tante Yvonne. Mais apparemment les petites vieilles avaient compris à qui elles avaient à faire et n'avaient pas l'intention d'en dire davantage sur leur petite Lise.

- Mon petit Monsieur, j'ai connu la Gestapo, alors ce n'est pas vous qui me faites peur ! Je vous l'ai déjà dit, je ne sais rien et même si je le savais, ce n'est pas à vous que je dirais plus de choses siffla la mémé toujours pleine de courage du haut de ses quatre vingt ans.

- Mais l'on peut reprendre leurs méthodes si vous y tenez grinça Julio.

Bon sang, ça allait mal tourner. Il fallait agir ! Mais comment faire ? Lise ne voulait quand même pas en arriver à atterrir directement au milieu de la pièce.

Montargis s'approcha du téléphone, un vieil appareil gris à cadran tournant, comme l'on en faisait au début des années quatre vingt.

- Laisse Julio, laisse, j'ai ce qu'il nous faut, dit-il dans un sourire mauvais.

Il tira sur un petit papier jaune punaisé au mur. Puis se penchant sur la mémé.

- Vous voyez, dit-il en le lui collant sous le nez, même si vous ne voulez pas nous dire où elle se trouve, je suis sûr que lorsqu'elle va apprendre que l'on détient sa très chère mémé, la petite Grey va se précipiter jusque ici sans faire d'histoire.

- Vous êtes un monstre ! Grinça la vieille dame.

- Merci, répondis Montargis l'air fier de lui. Julio, emmène-les dans la chambre, j'en ai assez de les voir.

Lise fulminait de le voir agir ainsi en terrain conquis. Elle serait volontiers passée de l'autre côté de la porte pour lui filer une bonne trempe, mais elle craignait bien trop qu'il ne s'en prenne aux deux femmes. Elle rongea son frein, contente malgré tout qu'il les fit conduire en haut dans la chambre. Il ne s'en doutait pas, mais en faisant cela, il venait de tendre lui-même la perche de sortit que Lise espérait trouver depuis un moment. Par contre, il ne fallait pas traîner là, Montargis avait déjà saisi son portable et composé à coup sûr le numéro de Lise, si son téléphone se mettait à sonner ici, il trahirait sa présence et cela ficherait tout par terre. Lise pressa une nouvelle fois sur le pendentif et se retrouva chez elle à Avignon.

Aussi bête que cela pouvait paraître, c'était la première destination à laquelle elle avait pensé. En songeant à la bêtise qu'elle venait de faire, son sang ne fit qu'un tour. Elle scruta rapidement les alentours, heureusement pour elle, il n'y avait personne. Lise respira profondément, elle avait eu peur. Montargis n'avait pas comme chez Manon, dû juger bon de laisser un de ses hommes de garde ici en espérant son retour. Il s'était finalement bien trompé.  Lise contente de ce constat n'eut pas le loisir de s'en réjouir davantage, son téléphone portable vibrait dans sa poche. Elle décrocha et là, sans surprise, la voie de Montargis résonna.

- Mademoiselle Grey, dit-il sans se présenter. Comme je suis content de vous entendre. Moi qui vous ai tant cherché, je vous ai enfin ! Vous êtes une véritable anguille dites-moi !

- Que voulez-vous Montargis, vous ne pouvez pas toujours avoir à faire à de pauvres gens sans défense ! Lança Lise de façon sarcastique.

- Justement, en parlant de gens sans défense, vous ne devinerez jamais où je suis.

- Non, se contenta de dire Lise qui ne voulait pas lui laisser comprendre qu'elle savait déjà.

- Et bien je suis sur le haut plateau ardéchois ! À Saint Agrève, un très beau village d'ailleurs. Et plus précisément chez une charmante personne de votre famille. Et je crois qu'il ne vous en reste pas beaucoup si je ne me trompe ?

Quel horrible personnage pensa Lise, il avait le ton qu'il fallait pour inspirer la terreur. Tout dans ses phrases laisser penser qu'il n'hésiterait pas à tuer pour atteindre son but.

- Ne leur faites pas de mal ! Dit Lise, j'obéirai ! Que voulez-vous ?

- Quelle question, le médaillon bien sûr ! S'exclama Montargis.

- Je ne l'ai plus, c'est la commissaire qui l'a ! Manon vous l'a bien dit !

Montargis éclata de rire

- Mademoiselle Grey, ne me prenait pas pour un imbécile ! Je sais tout ce qui se passe dans ce commissariat, cette pauvre sotte de Jasmin à un bras droit qui m'est des plus fidèle. Le médaillon n'a jamais était dans les mains de la police. Alors cessez immédiatement où je me verrais dans l'obligation d'élaguer un peu plus votre arbre généalogique, si vous voyez ce que je veux dire !

- Je vois très bien effectivement, dit Lise secouait par cette annonce. Comment voulez-vous que l'on procède ?

- Tout simplement ! Vous venez ici, vous me déposez mon médaillon et ensuite, je libèrerai votre petite famille.

- Très bien et qui me dit que vous nous laisserez la vie sauve ensuite ? Demanda-t-elle pour donner le change.

- J'ai bien peur que vous deviez vous contenter de ma parole, répondit celui-ci apparemment content de la tournure que prenaient les choses. Bien sûr comme vous l'avez compris, il est inutile de prévenir qui que ce soit ! Je ne veux pas voir le moindre gyrophare bleu traîner dans les parages, sinon vous savez ce qu'il se passera !

- Oui, oui, je viendrai seule. Mais j'ai un peu de route, je serai là d'ici deux heures.

- J'y compte bien ! À tout à l'heure mademoiselle Grey !

Et il raccrocha.

Lise resta un moment accrochée au combiné. Elle l'avait joué fine, mais de savoir qu'il serait averti des moindres gestes de la police n'arrangeait pas son plan.

Bon, elle verrait plus tard pour ça, la priorité, arracher Mémé et Tante Yvonne des griffes de Montargis.

Par Claret Bruno
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Les runes Atlantes


Lise était triste, elle venait d'enterrer son oncle, un ancien missionnaire. Mais en découvrant le vieux médaillon qu'il avait caché dans ses affaires, elle était loin d'imaginer la tournure qu'allaient prendre les événements. Percer les mystères de cette vieille langue, courses-poursuites, voyage au bout du monde, danger permanent pour tenter d'échapper entre autres à la secte du Timée. Une vie bien diffèrente de ses petites habitudes d'étudiante à la fac d'Avignon l'attendait ! Heureusement, elle pouvait compter sur Philippe, son ami de toujours. Mais cela suffirait-il ? 

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