Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 09:02

Une fois dans la rue, elle leur montra son téléphone.

- Ils ont oublié de me fouiller, dit-elle en riant. J'ai tout photographié. Venez, allons nous installer en terrasse de ce café, je vous montrerais.

Ils s'assirent autour de la table. Le soleil brillait et de ses faibles rayons de décembre, mais réchauffait néanmoins l'atmosphère et le temps était bien plus doux qu'ils ne l'avaient quitté en Avignon. Lise balaya machinalement du regard les autres personnes assises à leur côté. Elle redoutait toujours que Montargis ne pointe le bout de son nez. Elle se doutait bien qu'il n'allait pas en rester là et s'attendait à le voir surgir à tout bout de champ.

Ils commandèrent des rafraîchissements et n'y tenant plus, la harcelaient de questions.

- Mais comment as-tu fait pour avoir le mot de passe ? Demanda Manon.

- De la chance en bonne partie, rit Lise. Tu te souviens que mon oncle avait travaillé au Vatican à la fin de sa carrière. Ben j'ai supposé que c'était au département des archives.

- Et tu penses que c'est là qu'il a découvert toute cette histoire ?

- Non, au contraire, je pense qu'il y est revenu pour la protéger et être sûr que personne ne pourrait revenir y fouiner, enfin presque personne !

- Oui, mais le mot de passe, il te l'avait donné ? Demanda Manon toujours interrogative, tu ne m'en avais pas parlé.

- Non pas directement. C'est simplement que depuis que je suis petite, mon tonton m'appelait son petit gardien des secrets. Alors tout à coup, en voyant le curseur et les quatre lettres à entrer, j'ai pensé à mon prénom, tout simplement. J'ai essayé et hop, ça a marché, c'est un sacré coup de chance !

- De la chance, oui, mais tu sais, c'est un classique. La plupart des gens ne prennent pas assez de précautions avec leurs mots de passe et mettent leur date de naissance, le prénom de leurs enfants ou de leur femme. Rien de bien sécuritaire pour quelqu'un qui les connait un peu ! Déclara Philippe. Bon allez, montre maintenant, s'impatienta-t-il.

Lise sortit le téléphone de sa poche, navigua rapidement dans les menus et afficha les photos prises.

Philippe en commença la lecture.

- " fonda une société composée d'hommes et de femmes chargés de les protéger et de les cacher le Congloromo.

C'est ainsi qu'ils décidèrent de retourner là où tout avait commencé, sur les seules terres atlantes encore au-dessus du niveau de la mer, les îles Fortunées. De ces dernières, ils choisirent celle la plus éloignée, celle considérée comme le bout du monde "

- Le bout du monde ? Les îles Fortunées ? Jamais entendue parlé, c'est où ça ? Encore une foutue légende ? Demanda Manon incrédule.

- Ho bon sang ! Bien sûr ! S'exclama Philippe en se tapant le front. Quel con ! Congloromo, les Canaries ! Nous avions ça sous notre nez depuis le début !

- Quoi ? Mais de quoi parles-tu ? Demanda Manon toujours aussi perdue.

- Les îles Canaries ! Dit Lise. La mythologie gréco-romaine les situe aux limites du monde et elles sont aussi connues depuis l'antiquité sous le nom d'« îles Fortunées » ou « îles des bienheureux ».

- Lise et Philippe ont raison, approuva le professeur qui paraissait abattu. Ce sont bien les Canaries. Mais cela ne nous avance pas bien, il ne reste pratiquement rien de leur histoire ! Les fouilles qui ont déjà été faites sur place n'ont à ma connaissance pas donner grand-chose. À leur conquête par les Espagnoles, elles étaient peuplées d'une civilisation vivant à l'age de pierre, rien à voir avec un peuple qui aurait inventé l'écriture.

Il souffla. On peut tout de même essayer de faire des recherches. Trouver un rapport avec certains pétroglyphes, mais ça risque d'être très long ! Il faudra se mettre en rapport avec les archéologues qui ont travaillé ou travaillent encore là bas.

- Ce n'est pas grave, professeur, nous aurons au moins essayé. Et peut-être que la piste Canaries suffira au commissaire pour arrêter les malfaiteurs qui ont agressé Alex !

Il sourit.

- Tu as raison Lise ! Ne nous laissons pas abattre, nous sommes dans la plus belle cité de l'univers, il fait beau et nous connaissons, même si l'on ne peut pas le prouver encore, l'origine de l'écriture. Cela reste pour le monde une découverte majeure ! Laissons passer les fêtes et si le cœur vous en dit, continuons cela à la rentrée !

Lise sourit, après tout, si le professeur voulait faire des recherches, rien ne l'en empêchait. Et puis tant mieux, s’ il découvre quelques choses là-bas, le mystère n'en serait plus un et au moins il n'y aurait plus de danger de ce côté-là.  Elle pourrait toujours prétendre avoir perdu le médaillon. Sans lui aucun risque que quelqu'un découvre ses propriétés, disons spéciales. Elle était perdue dans ses pensées lorsque son téléphone sonna.

C'était Candice, son amie de Fac.

- Hello Candice, quoi de neuf ?

- Lise ! Ben alors ? T'étais passée où ? Tout va bien ? ça fait plusieurs fois que j'essaie de te joindre, t'es pas venue à la fac depuis plusieurs jours ! Je me suis fait du souci.

- T'inquiet pas, tout va bien, j'ai eu une petite panne de batterie sur mon portable c'est pour ça et je ne suis pas chez moi.

- Oui, je sais, j'y suis passé. Tu es avec Phil ? Demanda-t-elle d'un air inquiet.

Lise sentit le rouge monté à ses joues.

- Oui, pourquoi ?

- Lise, j'ai appris pour le cambriolage chez lui et le…mort.

- Ne t'en fais pas, ça n'a rien à voir, il est mort d'une crise cardiaque et…

Mais elle ne la laissa pas finir.

- Lise, je me fais du souci pour toi, un homme louche est passé à la fac ce matin. Il se prétendait de la police et chercher des informations sur toi. J'ai eu des doutes et je ne lui ai rien dit, par contre cet imbécile de Vincent a lâché avant que je ne lui mette un coup de pied, que tu étais peut-être chez ta grand-mère.

- Ho Putin, quel con !

Son cœur s'emballa, la joie qu’elle avait ressentie juste avant s'était évanouie immédiatement.

- Lise tu a des ennuis ? Je peux faire quelque chose pour toi ?

- Non, tu as fait ce qu'il fallait, merci beaucoup pour ton appel, je te tiens au courant. Bisous, répondit Lise en raccrochant.

Il fallait qu'elle s'en assure.

- Bon c'est presque Midi, si je vous invitai à manger une bonne Pizza romaine, proposa le professeur avec le sourire qui salivait déjà.

- Je…Je suis désolé dis Lise, je vais devoir vous laisser.

- Que se passe-t-il Lise ? Demanda Philippe inquiet.

- Montargis ! Lui chuchota Lise d'un air grave. Il va s'en prendre à Mémé. Je dois m'en occuper !

- On vient avec toi ! S'écrièrent Phil et Manon en même temps.

- Non ! Trancha Lise, restez ici, vous serez en sécurité et j'aurai les mains plus libres si vous n'êtes pas avec moi.

- Mais Lise…

- Quoi, mais enfin jeune fille, que se passe-t-il ? Si vous avez des ennuis, il serait préférable de laisser la police se charger de ça ? Proposa Becinis d'un air paternaliste, d'autant plus que vous êtes loin, le temps de rentrer en France et…

- Non, je dois le faire, ça n'a que trop duré ! Dit-elle d'un air dur. Il n'aurait jamais dû s'en prendre à elle. Phil, Manon, je suis désolé, dit-elle en se radoucissant, professeur, prenez soin d'eux, puis s'adressant à ses amis, je reviendrai vous chercher quand ça ira.

Elle embrassa Philippe, lui promis de le tenir au courant et s'éloigna en courant dans une ruelle juste derrière.

- Quoi ? Mais où va-t-elle ? Demanda le Professeur ébahi par le rocambolesque de la situation.

Par Claret Bruno
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Les runes Atlantes


Lise était triste, elle venait d'enterrer son oncle, un ancien missionnaire. Mais en découvrant le vieux médaillon qu'il avait caché dans ses affaires, elle était loin d'imaginer la tournure qu'allaient prendre les événements. Percer les mystères de cette vieille langue, courses-poursuites, voyage au bout du monde, danger permanent pour tenter d'échapper entre autres à la secte du Timée. Une vie bien diffèrente de ses petites habitudes d'étudiante à la fac d'Avignon l'attendait ! Heureusement, elle pouvait compter sur Philippe, son ami de toujours. Mais cela suffirait-il ? 

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