Partager l'article ! chapitre 42 Un problème de moins: ça l'embêtait de ne devoir rien dire à ses parentes, mais elle voulait s'assurer personnellement que Mo ...
ça l'embêtait de ne devoir rien dire à ses parentes, mais elle voulait s'assurer personnellement que Montargis les laisserait désormais tranquille. Si plus tard elle pouvait leur expliquer, elle le ferait, mais pour l'heure, elle ne devait pas !
En un clin d'œil elle se téléporta dans le salon de la vieille ferme et sans qu'il ait eu le temps de dire un mot, ou de faire un geste, elle agrippa Julio par l'épaule. Une nouvelle pression tout aussi rapide sur le médaillon et elle enleva le bandit pour le déposer quelques secondes plus tard directement dans une cellule de la gendarmerie de Saint Agrève. Julio décontenancé par la situation s'était mis à hurler de rage, mais Lise avait déjà disparu sans laisser la moindre trace de son passage.
Le prochain sur la liste était Montargis. Elle apparut juste à côté de lui. En un éclair celui-ci dégaina son révolver et tira deux balles dans sa direction. Machinalement Lise leva les bras pour protéger son visage, mais ce ne fut pas la peine. Les balles ricochèrent sur une sphère verte qui l'entourait. Heureusement pour elle, elle avait utilisé le pouvoir protecteur du pendentif. Plus décidée que jamais devant une telle violence, elle ne perdit pas une seconde de plus et profita de l'ébahissement de Montargis. Elle se précipita sur lui et tout comme elle venait de le faire pour son acolyte, elle le saisit par l'épaule et disparut avec lui. Mais au lieu d'arriver dans une cellule douillette, c'est sur un promontoire rocheux des Alpes qu'ils atterrirent.
Balayé par la neige et le vent glacial, il mesurait à peine plus d'un mètre carré. Montargis contempla sa sinistre prison. Impossible d'y tenir couché, à peine assez de place pour y tenir debout à deux. Il était coincé entre le flanc abrupt d'une montage qui offrait une fasse complètement lisse vers le haut et un ravin vertigineux qui empêchait toute retraite par le bas. Les yeux pleins de rage il se tourna vers Lise menaçant.
- Tu comptes m'effrayer avec ça, petite vipère ?
- Non ! Grinça-t-elle des dents, avec ça ! Dit-elle en le précipitant dans le vide.
Montargis hurla, le visage déformé par la terreur. Dans quelques secondes, il s'écraserait mort contre les rochers, les os broyés par une chute de plusieurs centaines de mètres. Les yeux exorbités il voyait le sol foncé droit sur lui, mais juste avant de toucher le toucher, deux mains s'emparèrent de lui et le tirèrent en arrière. Une demi seconde plus tard, il était à nouveau sur le promontoire rocheux pelotonné comme un chien apeuré contre la paroi froide.
Le cœur battant Lise le regardait sans la moindre compassion.
- Écoute moi bien, racaille, dit-elle en pointant un index menaçant vers lui, plus jamais tu ne t'approches de ma famille ! Plus jamais tu ne t'approches de mes amis ! Tu m'entends ? Plus Jamais !
- Oui, oui, plus jamais…pleurnicha le faux duc, qui transpirait de peur se collant encore plus si l'on peut contre la roche.
- Après tout le mal que tu as fait autour de toi, tu mériterais que je te laisse crever là ! Dit Lise les tempes battantes, le froid et la faim aurait vite raison de toi et les vautours ne laisseraient pas traîner longtemps ta carcasse. Mais c'est à la justice de s'occuper de toi ! Et tu maintenant, tu vas faire ce que je te dis, sinon c'est sans aucun scrupule que je le ferai. Je vais te livrer à la police, tu ne diras rien de ce qu'il vient de se passer, de toute façon personne ne te croirait ! Pour eux, je t'aurais juste maîtrisé et attaché. Tu avoueras tous tes crimes. Et tu payeras tes fautes ! Et si tu essayes de me doubler ou de te défiler, dit-elle d'un ton glacial, n'importe où que tu sois, en un instant, je te retrouverai et je te rejetterais de cette falaise, mais cette fois-ci, je te laisserai te fracasser en bas ! Tu m'as bien comprise Montargis ?
- Oui, oui, je le promets, bredouilla-t-il semblant à la limite de la démence.
Lise l'agrippa une nouvelle fois malgré la répulsion qu'elle avait pour l'individu et le mouvement de recule qu'il avait eu en la voyant s'approcher de lui. Un instant plus tard, ils étaient à nouveau dans la ferme. La douce chaleur du foyer réchauffa Lise, toujours pleine de sang froid, elle avait saisi rapidement de la ficelle de cuisinière et avait brièvement fait quelques tours sur les poignets serrés dans le dos de son captif. Elle avait à peine finit qu'une fourgonnette bleue tous gyrophares clignotants et sirène hurlante, déboula dans la cour. Cinq gendarmes pistolets à la main en descendirent et se ruèrent dans la cuisine.
Lise les accueillit avec le sourire.
- Ha ! Messieurs comme je suis contente de vous voir. J'ai un petit cadeau pour vous. Voici Monsieur le Duc de Montargis, apparemment très recherché par la police en ce moment !
- Bon sang, Lise tu n'as rien ? Demanda le brigadier-chef qui la connaissait bien depuis qu'elle était petite.
Lise et sa fille étaient amies d'enfances et elle avait d'ailleurs souvent eu l'occasion de coucher chez eux. Et c'est de là que ce grand bonhomme l'avait prise en affection.
- Non, rien Monsieur
- Tu es sûr ? Bon sang ce que je me suis fait du souci, quand ta grand-mère à appeler ! Dit-il en l'observant sous toutes les coutures comme pour s'assurer qu'elle était en bonne santé.
- Je vous assure, tout va bien, les cours d'auto défense m'ont bien servis. Je suis juste un peu fatigué par tout ça. Ha, au fait, son complice a réussi à prendre la fuite et…
- Ne t'inquiet pas pour lui, il est devenu un peu dingo, il est venu se rendre de lui-même et s'enfermer dans une de nos cellules et ne se rappelle même pas comment il est arrivé là !
- Ouf tant mieux, me voilà rassurée. Dit Lise en souriant de savoir cela.
Le brigadier-chef fit évacuer le prisonnier par ses hommes et s'approcha de Lise.
- Je suis désolé de t'imposer ça, mais il va falloir que tu me racontes en détail ce qu'il s'est passé dit-il.
Lis ne s'y opposa pas. Ils s'installèrent devant la grande table et s'y prêta de bonne guère. Elle lui conta toute l'histoire depuis le début, de la découverte du médaillon à Montargis le gourou et son obsession de s'en emparer, lui prétextant des pouvoirs magiques fabuleux, dont elle omit bien sûr de confirmer la véracité. Elle termina par la séquestration de sa grand-mère et de sa tante par celui-ci.
Le Brigadier notait tout cela consciencieusement dans son carnet. Il fit la moue puis lui demanda.
- Tu l'as toujours ce pendentif Lise ?
Lise hésita un moment.
- Oui, je l'ai confié à Philippe et à Manon, il est en Italie à l'heure qu'il est.
- J'en aurai besoin pour l'enquête dit le grand bonhomme, je ne comprends pas pourquoi la commissaire n'a pas pris cette affaire plus au sérieux ! Vous avez failli y laisser votre vie ! Je te laisse de reposer maintenant et dès que Philippe revient, dit lui que j'ai besoin de l'entendre aussi et de récupérer ce médaillon. Veux-tu que je te dépose au château ? Ta grand-mère y est toujours.
- Non, c'est gentil, répondit-elle, j'irais plus tard merci.
Elle ne voulait surtout pas qu'il s'attarde plus, c'était un homme malin et elle avait peur qu'il découvre quelques choses. Elle devait en plus rejoindre Phil et Manon qui se rongeaient sûrement les sangs de ne pas savoir ce qu'elle faisait.
Il embrassa Lise et s'en alla.
Lise souffla, de soulagement, appuya une fois de plus sur son pendentif et se téléporta dans le couloir du château. Les voix de sa grand-mère et de Léon venaient d'une pièce au fond, elle se dirigea droit vers eux. Ils étaient tous les trois penchés sur un album photo.
- Que faites-vous ? Demanda-t-elle, étonnée qu'ils consultent des souvenirs dans un moment pareil.
- On recherche les causes de tout ça ! Répondit la Tante Yvonne.
- Dans un album photo ? S'étonna Lise
- Oui ma Lisette, regarde répondit la mémé en pointant du doigt une photo jaunis par le temps.
- Bon sang ! C'est le jeune homme qui était sur la photo avec tonton ! Qu'est-ce qu'il fait là ? Demanda Lise.
- C'est mon frère répondit Léon ! Et tu le connais en fait très bien !
- Moi ??? S'écria Lise interdite.
- oui, je n'avais pas fait le rapprochement tous de suite répondit la tante Yvonne, mais c'est en voyant ce portrait que je m'en suis souvenu de la photo que tu nous avais montré, dit-elle en lui montrant un petit cadre sur la cheminé.
- Mais qui est-ce alors ? Demanda Lise qui n'y tenait plus.
- Notre curé ! Répondit la mémé. Il a changé n'est-ce pas !
- Ho bon sang !!!! Je comprends tout ! L'enfoiré ! Dit Lise en se tapant sur le front.
Elle ne laissa pas le temps à sa grand-mère de lui reprocher son langage, que déjà elle courrait vers l'entrée.
- Je dois partir en vitesse mémé, ne te fais pas de soucis, je t'appelle dès que possible, je vous aime s'écria-t-elle de la porte. Elle la claqua, mais ne la prit pas, elle s'était téléportée.