Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 09:19

- Isabella Rodriguez ? Dit Philippe étonné

- Oui, c'est elle sur la photo. Et devine un peu où l'on peut la trouver ?

- Aux Canaries j'imagine ! Répondit Manon

- Parfaitement ! Sur l'île d' El Hiéro exactement ! Confirma Lise.

Elle s'était téléporté à Rome immédiatement après son entretien avec le curé. Manon et Philippe s'étaient rués sur elle pour savoir ce qu'il s'était passé. Mais la présence du professeur Becini l'avait en premier lieu empêché de pouvoir s'expliquer. Elle lui servit comme excuse, une vague cousine romaine qui avait eu des problèmes et qu'elle avait dû aller aider précipitamment. Rassuré, le professeur les invitait à coucher dans son appartement du Latium pour la nuit. Après un rapide repas vite expédié, Lise prétexta un mal de tête et une grosse fatigue pour aller se coucher, Philippe l'accompagnant pour ne pas la laisser seule. Manon elle qui devait coucher sur le canapé, les rejoignit sur la pointe des pieds, un quart d'heure plus tard lorsque qu'elle eut entendu les ronflements sonores du vieux professeur résonnaient dans sa chambre.

- Alors ? Souffla-t-elle, qu'est-ce qu'on fait ?

- Ben on part pour les Canaries bien sûr ! Répondit Lise. Dès demain matin.

- On expliquera à Monsieur Becini, que la gendarmerie me demande de rentrer rapidement rapport à l'affaire Montargis, ce qui n'est pas vraiment un mensonge et il ne devrait pas se poser plus de questions, assura Philippe.

 - Oui, c'est une bonne idée, pour ce qui est du médaillon qu'ils te réclament, j'avais pensé que nous pourrions en faire un faux. Ça ne doit pas être très compliqué ! On prend un disque en métal, je dois en avoir en pendentif à la maison qui y ressemble. On utilisera un petit graveur électrique pour y reproduire les symboles et même Becini qui l'a déjà vu attestera que c'est le même. Qu'en pensez vous demanda-t-elle toute contente.

Philippe et Lise se regardèrent.

- Excellent dirent-ils en même temps.

 Manon était vraiment une fille pleine de ressource et Lise ne regrettait pas de la connaître. L'idée qu'elle venait de leur soumettre lui semblait la meilleure façon de ne plus être embêté avec ça. Elle s'en voulait même de ne pas y avoir songé plus tôt.

Le reste de la nuit se passa sans souci, harassée par une journée si éprouvante, Lise se blottie dans les bras de Philippe et se laissa submergé par le sommeil. Il était étonnant pour elle de se sentir si bien avec lui, elle avait l'impression d'être enfin une entité entière, comme s'il lui avait toujours manqué sans qu'elle ne s'en rende compte et que maintenant que les voilà réunis, il ne fait plus qu'une évidence qu'ils n'étaient qu'un.

Le petit matin arriva bien vite, Lise et ses compagnons servir l'excuse préparer la veille au vieux professeur, qui en tiqua aucunement.

- Comme c'est dommage que vous ne puissiez pas passer Noël avec nous, dit-il en leur faisant signe de la main devant la porte du terminal de l'aéroport.

Le professeur avait changé ses plans pour les fêtes. Anglaises au départ, son voyage en Italie lui avait ouvert la nostalgie latine et il avait finalement convié ses amis londoniens à venir ici dans sa famille romaine.

- Une prochaine fois, Professeur, la rassura Lise, là, c'est impossible, il ne faut pas risquer les ennuis avec la gendarmerie.

- Oui, bien sûr, allez, partez vite, vous allez rater votre avion. Les congédia gentiment le professeur.

Ils pénétrèrent dans l'aérogare, mais dès qu'ils furent or de vue, un petit clic sur le pendentif et c'est sous d'autres cieux qu'ils atterrirent.

 

Le vent soufflait sur le petit port de la Restinga, emmêlant les cheveux de Lise. Les vagues en se brisant sur les rochers, faisaient jaillir des gerbes d'écume et remplissaient les piscines naturelles creusées dans le rocher.

- Alors ? Comment la retrouve-t-on cette Isabella ? Demanda Philippe qui refermait le zip de son blouson, frissonnant sous les assauts des bourrasques.

Lise haussa les épaules.

- Je ne sais pas vraiment, le père Bret m'a juste dit qu'elle devait vivre dans les environs. Ça n'a pas l'air très grand, j'imagine que si elle vit là, des gens doivent la connaître.

- Excuse-moi, dit Manon embêtée, mais on est où ici ??? Je ne vois que quelques maisons, on se croirait au bout du monde. Tu es sûr d'être au bon endroit ?

- Oui, on est complètement au sud sur El Hierro, la plus petite et la plus isolée et la moins touristique des îles Canaries. Et tu ne crois pas si bien dire, jusqu’à la découverte de l'Amérique, cette île était considérée comme le bout du Monde et elle reste par son appartenance à l'Espagne, le point le plus extrême de l'Europe. Et ce petit village que tu vois devant toi, est le deuxième port le plus grand de l'île avec ses seuls quelque cinq cents habitants. Tu comprends pourquoi je te dis que si elle habite par ici, quelqu'un doit la connaître !

- Oui, je vois mieux dit Manon que l'endroit semblait inquiéter, malgré ses jolies petites maisons blanches.

- Allons demander là-bas proposa Philippe en pointant du doigt un bar-restaurant qui donnait sur la mer.

Lise acquiesça, elle avait beau faire comme si de rien n'était, elle aussi était inquiète, ils ne disposaient que de peu d'éléments, une photo vieille de 40 ans et un nom.

Ils pénétrèrent dans le petit restaurant. Une odeur chatoyante leur titilla les narines et réveilla en Lise son appétit. Elle se tourna vers ses camarades.

- C'est 11heures 50, ça vous dit de manger ici ? Ça nous ferait en plus une bonne occasion d'interroger le patron sur Isabella.

 Philippe qui semblait tout aussi charmer par le fumet de la cuisine hocha la tête vigoureusement en signe d'approbation.

- On peut manger ? Demanda Lise dans un espagnol des plus académique.

Le jeune homme posté derrière le bar lui répondit par l'affirmative et leur indiqua de s'asseoir.

Ils s'installèrent donc à une table et attendirent un peu. Le garçon de service ne tarda pas à les rejoindre, emportant avec lui des menus.

Lise y jeta un rapide coup d'œil, mais se fixa rapidement sur une simple paélia. Philippe et Manon l'imitèrent. Et le garçon leur ramena pour les faire patienter, une petite entrée faite de tomates aillées tartinées sur du pain.

- Merci, beaucoup, dit Lise en lui décochant un de ses plus beaux sourires.

Le garçon ne sembla pas insensible à son charme et le lui rendit gracieusement. Lise profita de ce moment-là pour se jeter à l'eau.

- Vous allez peut-être trouver cela farfelue de notre part, mais nous recherchons une personne du nom d'Isabella Rodriguez, vous ne sauriez pas par hasard où nous pourrions la trouver ? Demanda Lise.

- Non… répondit-il, hésitant, je ne vois pas, pourtant, ce nom me dit quelque chose.

- Attendez, dit Lise, j'ai ça, peut-être que…

 Lise sortit la photo de son sac à main et la lui montra.

- Nom d'un chien s'exclama le jeune homme, mais c'est Karina !

Par Claret Bruno
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Les runes Atlantes


Lise était triste, elle venait d'enterrer son oncle, un ancien missionnaire. Mais en découvrant le vieux médaillon qu'il avait caché dans ses affaires, elle était loin d'imaginer la tournure qu'allaient prendre les événements. Percer les mystères de cette vieille langue, courses-poursuites, voyage au bout du monde, danger permanent pour tenter d'échapper entre autres à la secte du Timée. Une vie bien diffèrente de ses petites habitudes d'étudiante à la fac d'Avignon l'attendait ! Heureusement, elle pouvait compter sur Philippe, son ami de toujours. Mais cela suffirait-il ? 

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