Partager l'article ! chapitre 45 Karina: - Heu Isabella, corrigea Philippe - Non ! Non ! Insista le garçon, puis il se mit à appeler. Karina, Karina ! ...
- Heu Isabella, corrigea Philippe
- Non ! Non ! Insista le garçon, puis il se mit à appeler. Karina, Karina !
Une très belle jeune fille blonde passa par la porte de l'office. Petite, mince, un sourire enchanteur, les cheveux raides et longs jusqu’au milieu du dos. Elle dégageait une aura de sympathie.
- Tu m'as appelé Miguel ? Demanda-t-elle.
Lise était abasourdie, Isabella était là devant ses yeux, quarante ans après la photo, mais en chaire et en os et sans une seule ride.
- Ce n'est pas possible bégaya Philippe lui aussi sous le choc.
La fille parue intriguée, ne comprenant pas la réaction de ces étranges clients. Elle regarda son compagnon d'un œil interrogateur.
- Ces gens te cherchent, se contenta-t-il de dire en lui montrant la photo.
La jeune fille la prit dans ses mains et éclata de rire.
- Mon Dieu, mais ce n'est pas moi. On m'a toujours dit que je lui ressemblais, mais, je comprends pourquoi !
- Que voulez-vous dire ? Demanda Lise, qui est cette personne, si ce n'est pas vous ?
- Ma grand-mère ! Répondit Karina, en rendant la photo à Lise.
- Bon sang quelle chance ! On tombe dessus comme ça, c'est extraordinaire, on se croirait dans un film ! S'extasia Philippe.
- En même temps, 500 habitants, les chances de trouver quelqu'un qui la connaisse étaient quand même plus fortes que si l'on nous avait envoyés à New York, tempéra Manon.
- Sa grand-mère, ben oui, qu'est-ce que je suis bête, se dit Lise, c'est évident que ça ne pouvait pas être elle. Est-ce que vous pourriez nous conduire à elle ? Demanda Lise.
-Ben, c'est-à-dire…que lui voulez-vous ? Et comment avez-vous eu cette Photo d'abord, répondit la jeune Canarienne.
- Houlà, c'est une bien longue histoire. Souffla Lise.
- Ça tombe bien, j'ai tout mon temps répondit, la jeune fille en montrant la salle du restaurant vide.
Lise entreprit donc de lui conter une partie de l'histoire, tout le long du repas, pendant que Miguel les servait, elle lui raconta la rencontre avec son oncle, l'amitié ambigüe qu'il avait eue avec sa grand-mère, puis son décès et enfin la photo et le pendentif trouver dans ses affaires. Lorsque Karina le vit, elle eut un mouvement de recul, ouvrit de grands yeux et posa un doigt sur sa bouche comme pour les faire taire.
- Chut ! Dit-elle, n'en ajoutez pas plus. Je m'arrange pour terminer mon service dès maintenant et je vous y emmène. MIGUEL ! Cria-t-elle en direction des cuisines. Je dois absolument partir. Tu te débrouilleras bien sans moi.
- Ho, non, râla le jeune homme, Karina, tu exagères, si des clients arrivent encore.
La jeune fille lui décocha un sourire des plus tendre, l'embrassa rapidement et enfila son blouson.
- Merci mon chéri, tu es un amour, je suis sûre que tu t'en sortiras très bien, d'ailleurs, ça ne se bouscule pas aujourd'hui, regarde, 13h et juste deux tables. Vous venez dit-elle à l'adresse de Lise, Phil et Manon.
Elle poussa la porte et ils lui emboîtèrent le pas.
- Elle habite loin ? Demanda Lise.
- Non, pas très, mais vous savez, ici rien n'est très loin, l'île est toute petite. Prenons ma voiture, je vais vous y conduire.
Karina déverrouilla les portes de sa petite Nissan Micra et ils montèrent à bords.
Elle sortit rapidement du petit village et emprunta l'unique route qui serpentait à travers la montagne. Contournant les cônes volcaniques, Karina, arpentait la montagne sur une route certes moderne, mais sans parapet et longeant une falaise vertigineuse de plus de mille mètres de haut, offrant à la vue à Lise et ses amis des paysages magnifiques sur le bas de l'île. Tantôt lunaire par ses parterres de lave vitrifiée, tantôt déchiqueté et pierreuse, tantôt d'une végétation aride, la terre se couvrait progressivement d'une végétation plus luxuriante, pour arrivait dans une forêt quasi impénétrable de laurier et de genévriers aux formes tourmentées par le vent, que l'on appelait ici Sabine.
- Nous arrivons bientôt, dit Karine en tournant sur une piste à peine tracée dans un sous bois. Elle parcourut encore quelques centaines de mètres et déboucha sur une clairière en flanc de falaise offrant une vue imprenable sur la mer. Mille cinq cents mètres plus bas, les vagues venaient se fracassaient en écumes si épaisses qu'on la distinguait nettement vues d'ici.
- Lise s'étonna. Attendait, il n'y a rien ici, qu'est-ce que ça signifie ? Où est votre grand-mère ?
- Descendez, ordonna Karina.
Phil, Manon et Lise se regardèrent étonnés. Lise ne pensait pas qu'ils risquaient quelques choses à partir comme cela en voiture avec une simple inconnue. Karina, n'avez pas le physique pour pouvoir les menacer, mais là, la situation devenait tout de même intrigante. Elle haussa les épaules et sortit première de la voiture.
- Et maintenant demanda Lise sur un ton de défi.
- Suit moi, les autres restez ici.